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Fabian, expert greffe de cheveux

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    Contenu relu par le Dr Marc Slama, chirurgien capillaire· Publié le 16 septembre 2026 · Mis à jour le 16 septembre 2026

    Ce qu'il faut retenir

    • L'alopécie de traction est mécanique, pas hormonale. Elle résulte d'une tension répétée sur la racine du cheveu.
    • Elle est d'abord réversible, puis irréversible. C'est sa singularité parmi les alopécies : la traction prolongée finit par détruire le follicule et laisser une cicatrice.
    • Elle concerne tous les types de cheveux. Les pratiques capillaires sont en cause, pas la nature du cheveu.
    • Aucun produit ne compense une coiffure qui continue de tirer. Retirer la tension est le seul geste qui compte.
    • Une greffe de cheveux n'est envisageable qu'une fois la traction durablement arrêtée. Sinon les greffons subissent le même sort.

    Qu'est-ce que l'alopécie de traction ?

    C'est une perte de cheveux provoquée par une tension mécanique répétée sur la racine. Elle est décrite dans la littérature médicale depuis le début du XXe siècle, initialement chez des femmes portant des queues de cheval serrées.

    Le mécanisme est simple : un cheveu tiré en permanence enflamme le follicule qui le porte. L'inflammation fragilise, la fibre casse, puis le follicule finit par ne plus produire. Si la tension cesse à temps, il récupère. Si elle se prolonge, il est remplacé par du tissu cicatriciel, et là, il n'y a plus rien à relancer.

    C'est précisément ce qui rend cette alopécie singulière : elle est d'abord réversible, puis irréversible. Aucune autre forme de chute ne fonctionne ainsi.

    Ce qui la distingue aussi d'une alopécie androgénétique : celle-ci est hormonale, génétique, progressive, et touche des zones prédéterminées. L'alopécie de traction est purement mécanique. Elle apparaît là où l'on tire, et nulle part ailleurs.

    Qui est concerné par l'alopécie de traction
    et pourquoi ?

    Les coiffures en cause se répartissent en trois familles :

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    Les coiffures serrées portées longtemps

    Exemple : tresses plaquées, nattes, chignons, queues de cheval tirées

    icone 2
    Les ajouts qui pèsent sur la racine
    Exemple : extensions, tissages, perruques à fixation, locks serrées
    icone 3
    Les mauvais traitements chimiques
    Qui fragilisent la fibre avant même qu'elle ne soit mise sous tension.

    L'alopécie de traction touche des personnes de toutes origines. Elle résulte des pratiques capillaires d'un individu, pas de la nature de ses cheveux.

    Un point de précision : ce ne sont pas les tresses qui abîment, c'est la tension et sa durée. Des tresses posées sans tirer, changées régulièrement, ne produisent pas d'alopécie de traction.

    Les signes d'une alopécie de traction
    et comment les repérer tôt ?

    Les premiers signaux se voient à l'œil nu, avant toute perte visible :

    • Une douleur ou une sensibilité après la pose : le cuir chevelu tire, chauffe, fait mal au toucher.
    • Une folliculite de traction : de petits boutons ou papules inflammatoires autour des cheveux les plus tirés.
    • Des cheveux cassés courts le long de la ligne de traction.
    • Une bordure qui s'éclaircit : la peau transparaît sur la ligne frontale ou aux tempes.

    L'alopécie de traction est-elle
    réversible ou définitive ?

    Deux situations, deux pronostics opposés.

    1. Tant que les follicules sont vivants, la repousse est possible. Le cuir chevelu garde ses orifices folliculaires (ces minuscules pores d'où sortent les cheveux) visibles à l'examen. En retirant la tension, la repousse s'installe généralement sur plusieurs mois.
    2. Une fois la fibrose installée, la peau devient lisse et les orifices ont disparu. Le follicule a été remplacé par du tissu cicatriciel. Aucun traitement médical ne le régénère.

    Comment savoir de quel côté vous êtes ? Pas seul. Cela se vérifie par trichoscopie, un examen du cuir chevelu sous fort grossissement, que pratique un dermatologue.

    Chute de cheveux chez la femme : les différentes causes et les solutions (comme la greffe)

    Cet examen apporte un renseignement supplémentaire, souvent décisif : la présence de gaines péripilaires, ces manchons blanchâtres autour de la tige, signale que la traction est encore active. Autrement dit, la trichoscopie ne dit pas seulement où vous en êtes, elle dit aussi si la cause continue d'agir.

    Que faire
    contre l'alopécie de traction ?

    1
    Dès maintenant
    Retirer la tension, et vraiment la retirer

    C'est le seul geste qui compte, et il précède tout le reste. Passer d'une tresse très serrée à une tresse un peu moins serrée ne suffit pas : le follicule a besoin d'un repos réel, pas d'une tension légèrement réduite.

    Chaque mois de tension supplémentaire rapproche de la phase irréversible.
    2
    Sans attendre
    Consulter un dermatologue

    Il établira le stade, ce qui détermine tout le reste, et écartera les autres causes possibles. Selon la situation, il peut proposer un traitement de l'inflammation, un traitement favorisant la repousse, ou la prise en charge d'une folliculite associée.

    La trichoscopie dira si vos follicules sont encore vivants — et si la traction agit toujours.
    3
    Ce qu'il faut savoir
    Il n'existe aucun traitement curatif

    Autant le dire franchement. Ce qui existe tient en trois gestes :

    Retirer la cause à temps
    Traiter l'inflammation quand elle est présente
    Accompagner la repousse quand elle est encore possible
    Ce qui ne marche pas
    Miser sur un produit

    Sérum, huile, complément présenté comme miraculeux : rien ne compense une coiffure qui continue de tirer.

    Le produit devient un alibi qui retarde le seul geste utile.

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    Charles au téléphone avec un patient

    Prévenir la perte de cheveux
    sans renoncer à son style

    Le conseil « évitez les coiffures serrées » est inapplicable pour beaucoup de gens, et le répéter ne sert à rien. Les pratiques capillaires tiennent à l'identité, à la culture, à la vie professionnelle. Voici ce qui est réellement praticable.

    • La règle de la douleur : une coiffure ne doit jamais faire mal, ni à la pose, ni le soir.
    • Faire tourner : alterner les points de tension plutôt que tirer au même endroit pendant des années.
    • Ménager des pauses réelles : entre deux coiffures exigeantes, assez longues pour que le cuir chevelu récupère.
    • Ne pas cumuler : traitement chimique et tension mécanique sur la même période est la combinaison la plus à risque.
    • Surveiller la bordure : une photo tous les trois mois, même cadrage, même lumière, permet de repérer une évolution que l'œil quotidien ne voit pas.

    Et la greffe capillaire, dans tout ça ?

    Au stade cicatriciel, aucun traitement médical ne fait repousser un follicule détruit. Une greffe est alors la seule voie de restauration, et l'alopécie de traction fait partie des rares situations où une greffe localisée est réellement indiquée chez la femme, puisque la perte est circonscrite et la zone donneuse préservée.

    Mais la traction doit avoir définitivement cessé. Des greffons implantés sur une zone qui continuera d'être tirée subiront exactement le sort des cheveux d'origine.

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    Les 4 questions les plus posées

    Combien de temps faut-il porter une coiffure serrée avant de risquer une alopécie de traction ?

    Il n'y a pas de seuil. Ce qui compte est l'accumulation : une tension modérée répétée sur des années fait plus de dégâts qu'une coiffure très serrée portée une semaine.

    C'est pour cela que l'âge auquel on commence ces pratiques pèse autant.

    L'alopécie de traction touche-t-elle aussi les hommes ?

    Oui. La littérature documente des cas liés au port quotidien d'un turban ou d'un joora serré, ainsi qu'à certaines contraintes professionnelles.

    Le mécanisme est purement mécanique : il ne dépend ni du sexe ni du type de cheveu.

    Le minoxidil est-il utile contre l'alopécie de traction ?

    Cette décision revient au médecin. Aucun traitement local ne remplace l'arrêt de la tension, et son intérêt dépend entièrement du stade : un follicule détruit ne répond à rien.

    L'alopécie de traction peut-elle se déclarer des années après l'arrêt des coiffures serrées ?

    Le dégarnissement se révèle souvent progressivement, et beaucoup de personnes le constatent longtemps après avoir changé de pratiques.

    Cela ne signifie pas que la traction agit encore, c'est précisément ce qu'un examen permet de déterminer.

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    Rédactrice web chez Smile Partner
    Article rédigé par : Solyne PROUST, Rédactrice web pour Smile Partner

    Solyne est rédactrice web pour l’agence Smile Partner. Dotée d’une forte appétence pour la lecture et l’écriture, elle aime apprendre quotidiennement et développer ses connaissances en matière de soins capillaires auprès de nos praticiens partenaires.

    docteur marc slama expert capillaire
    Article vérifié par : Dr Slama, chirurgien plasticien en santé capillaire à Paris

    Le Dr Slama est chirurgien capillaire, diplômé de l'Université Paris Descartes. Ancien chef de clinique des hôpitaux de Paris, il a dirigé le département de chirurgie plastique reconstructrice, avant de consacrer son activité à la santé capillaire au sein d'une clinique parisienne. 

     

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